Paris / Une réunion quadripartite a rassemblée ce soir à l'Elysée les président de France, Nicolas Sarkozy, de Syrie, Bachar al-Assad, du Liban Michel Sleymane, et l'Emir de Qatar, cheikh Hamad bin Khalifa Al Thani au terme de laquelle les quatre leader ont tenu une conférence de presse.
Le président al-Assad a commencé par affirmer son appréciation de l'engagement scrupuleux du président Nicolas Sarkozy vis-à-vis de tout ce qui était convenu au sujet des rencontres d'aujourd'hui à Paris.
"Dans nos rencontres, le tête à tête avec le président Sarkozy, la réunion des délégations syrienne et française, et enfin le sommet quadripartite qui était fort importante de par son timing et son contenu, nous avions discuté différentes questions", a indiqué le président de Syrie lors de la conférence de presse qu'il a tenue et les présidents Sakozy et Michel Suleymane, et l'Emir de Qatar, cheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani, au terme de leur réunion à l'Elysée, affirmant que l'étape actuelle ressemble à l'état d'un enfant qui mourrait si on ne le nourrit pas.
"Ce que nous avions réalisé depuis la conférence de Doha, qui a remis le Liban sur la bonne voie, était très important mais a encore besoin d'appui pour être sûr que l'histoire libanaise de choc ne se répèterait pas à l'avenir, et il est de notre tâche de soutenir le Liban dans les étapes à venir", a précisé le président al-Assad.
A la question des ambassades entre les deux pays, le président al-Assad a dit: Depuis l'an 2005 j'avais dit et répété qu'en principe il n'y a pa de problème en l'échange des ambassades entre les deux pays.
"Certains considèrent la non ouverture des ambassades comme une non reconnaissance; mais la Syrie n'avait dans le monde que 50 ambassades, dire qu'il y a encore 131 pays que la Syrie ne reconnaît pas est insensé", a fait noter le président al-Assad qui a assuré que la Syrie n'a aucune objection d'ouvrir des ambassades si le Liban le désire.
"Quand nous entrons en contact avec le nouveau gouvernement nous fixerons les démarches nécessaires pour faire ce pas", a-t-il affirmé.
A propos du processus de paix, 2ème question abordée lors des réunions, le président al-Assad a commencé par souligner que des entretiens indirects sont en cours entre la Syrie et Israël par l'intermédiaire de la Turquie dont l'objectif est de construire la confiance "inexistante après huit ans d'interruption du processus de paix et par les agressions israéliennes répétées contre la Syrie et le Liban", et trouver une base commune au processus de paix. "Ces conditions assurées on passerait aux négociations directes lesquelles exigent un rôle non de médiateur mais de parrain. C'est ce que le président Sarkozy avait voulu savoir, et je lui avais dit que le rôle américain est essentiel dans le processus de paix mais le rôle européenne est fort important. Aucun des deux rôles ne remplacera l'autre, les deux sont complémentaires".
Indiquant avoir invité le président Sarkozy à jouer un rôle direct en passant aux négociations directes, le président al-Assad a affirmé avoir constaté chez lui un enthousiasme à jouer ce rôle et qu'on était convenu à maintenir les contacts et la coordination pour être prêts quand on passe aux négociations directes.
Au sujet de l'Iran et son dossier nucléaire, le président al-Assad a insisté sur la nécessité que la solution de cette question soit politique, rappelant que la position de la Syrie repose essentiellement sur la suppression du Moyen-Orient de toutes les armes de destruction massive et qu'elle avait remis au Conseil de Sécurité en 2003 une suggestion dans ce sens mais que le Conseil ne l'avait pas soumis au vote.
"Le président Sarkozy nous a demandé d'intervenir dans cette question et nous allons transmettre la question aux responsables iraniens; mais à notre connaissance il n'y a aucun projet militaire nucléaire", a indiqué le président al-Assad qui a reconnu au président Sarkozy sa franchise dans l'approche des questions.
Il a également remercié l'Emir de Qatar pour sa participation à la réunion quadripartite, et aussi au président Michel Suleymane.
Le président Sarkozy de son côté a affirmé l'importance que la Syrie joue intégralement son rôle dans les affaires du Moyen-Orient comme il était nécessaire pour la France d'amorcer ce dialogue qu'il a qualifié de "clair, franc et honnête".
Le président Sarkozy s'est dit heureux d'annoncer, en concorde avec le président al-Assad, la disposition de la Syrie d'échanger les ambassades avec le Liban et affirmé l'appui de son pays aux négociations indirectes en cours entre la Syrie et Israël.
Le président Sarkozy a affirmé que les entretiens étaient globaux et francs et qu'il avait demandé au président al-Assad d'aider dans l'affaire iranienne.
Il a affirmé qu'il visiterait en septembre la Syrie pour ouvrir avec elle de nouvelles relations entre les deux pays.
Le président libanais a affirmé de son côté que les entretiens avaient porté surtout sur l'avenir des relations libano-syriennes, affirmant que le Liban aspire à des meilleures relations avec la Syrie.
"Ce sujet je l'avais discuté déjà avec le président al-Assad lors de nos contacts ininterrompus et nous avions convenu d'établir des relations diplomatiques après la formation du gouvernement d'union nationale", a-t-il indiqué, affirmant que les deux pays désiraient régler au plus tôt le problème des frontières.
Le président Suleymane a réitéré l'attachement de son pays à recouvrer sa souveraineté entière sur les hameaux de Chabaa et les collines de Kafr Chouba et son soutien à toute mesures de nature à établir dans la région la paix juste et globales qui assure au peuple palestinien ses droits, notamment son droit au retour.
Le président Suleymane a remercié enfin au président al-Assad sa disposition à soutenir pleinement le Liban dans sa marche d'unification, d'indépendance et de stabilité.
Il a également remercié l'Emir de Qatar qui a déployé de grands efforts pour aider le Liban à parvenir à un accord à Doha.
L'Emir de Qatar a qualifié de son côté les entretiens de "constructifs", estimant que le mieux dans ces entretiens était le rapprochement syro-français "qui verse dans l'intérêt de la paix dans la région.
Répondant à une question sur les entretiens indirects entre la Syrie et Israël, le président al-Assad a affirmé que passer aux négociations directes dépend du sérieux des deux pays. "Nous discutons à l'heure actuelle des principes au sujets desquels ont n'est pas encore d'accord, et on ne sait pas le temps qu'ils prendraient", a-t-il ajouté faisant noter que l'administration américaine n'est point soucieux du processus de paix ce qui signifie qu'il fallait attendre au moins six mois, soit l'avènement d'une nouvelle administration.
"Nous discutons des questions relatives à l'application de la résolutions 242 du Conseil de sécurité qui stipule le retrait israélien des territoires qu'il avait occupé en 1967. Ceux qui discuteraient de cette question devraient être des spécialistes des deux côtés, ni moi ni le Premier Ministre israélien.
Questionné si l'impact est le retrait israélien du Golan ou des territoires occupés en 1967, le président al-Assad a tenu à faire la distinction entre accord de paix et paix. "L'accord est ce que signent les gouvernements sur des papiers, mais la paix est ce que réalisent les peuples. Pour nous, si notre territoire nous sera rendu, il est normal que nous signons un accord de paix; mais nous parlons d'une paix globale et juste qui pour se réaliser implique le règlement sur tous les volets", a précisé le président al-Assad, souhaitant que l'intérêt européen ne se limite pas au volet syrien, mais encore libanais et palestinien.
Le président Suleymane, de son côté a affirmé la nécessité de l'application de la résolution 1701 qui implique à Israël de se retirer des Hameaux de Chabaa, d'al-Ghajar et des collines de Kfar Chouba, et de la levée de l'injustice qui frappe les Palestiniens réfugiés.
Quand au président Sarkozy, il a indiqué que son invitation au président al-Assad à visiter la France était une décision politique de grande importance. "Il faut que la France soit capable de parler à tous", a-t-il précise.
Gh.H.